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INTRO GOTH
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 INTRO GOTH

30/11/2008

    Qu’est ce que le Gothique? 
 

    Définir ce qu’est le mouvement gothique c'est comme d’essayer de définir ce qu’est le Grunge. Tous deux sont des sous cultures, c'est à dire qu’elles d’inspirent de cultures déjà existantes. Une chose est sûre, le gothique, malgré sa noirceur, n’a rien à voir avec une secte sataniste. Le mouvement gothique ne véhicule pas d'idéologie, ce n'est donc pas une secte ou une pseudo religion. Bien sur il existe des "trucs" Gothiques: concerts, soirées, films, livres, objets... Mais c'est aussi une façon d'être: pour certains être gothique c'est se fringuer se maquiller, aller dans les soirées, pour d'autres ce n'est pas indispensable, pour d'autres ça va bien au delà, ou encore ne se considèrent pas comme gothiques mais leurs idées et leurs oeuvres sont récupérées par les gothiques. Certains disent que l'individualité est un aspect fondamental, dans ce cas pourquoi certains goths se regroupent-ils en clans? La diversité, les multiples facettes sont la clé de ce mouvement culturel, c'est la seule chose dont on peut être sûrs.
    Mais chercher à définir une fois pour toutes la Culture Gothique et ce qu'elle regroupe, c'est vouloir classer et étiquetter ce qui est inclassable. Ce que je proposerai ici n'est pas un essai d'explication, ni une définition mais un tour d'horizon sur le gothique et ses origines. 
 

                1. Art et Littérature.
 

    Dans l’art, dans l’architecture plus particulièrement, le mot Gothique est synonyme de foisonnement de détails, de richesse du décor et des ornements. Par opposition à la période précédente : la période Romane. Il suffit de porter son regard sur une cathédrale pour y retrouver toutes ces caractéristiques.
    On donne le nom de "style gothique international" à une esthétique gracieuse, voire maniérée, qui se répand en Europe à la jonction des XIVe et xVe s., embrassant une grande partie de la sculpture, des arts décoratifs et surtout de la peinture (miniature et panneaux). Préparé par le raffinement de l'enluminure parisienne ou anglaise, par l'évolution de la peinture en Italie (notamment à Sienne : les Lorenzetti), ce style se rencontre en Allemagne et en Bohême (le Maître de Trebon), en Catalogne (Borrassà), dans l'école franco-flamande (Broederlam, les Limbourg), à Paris (miniaturistes), en Italie (L. Monaco, Gentile da Fabriano, Sassetta, Pisanello, etc.). L'esthétique réaliste, les nouvelles valeurs spatiales des Masaccio ou des Van Eyck mettront fin à la féerie narrative et décorative de ce courant au ton aristocratique.

    Dans la littérature, ce qu’on a appelé Roman Gothique c’est un récit tenant à la fois du Merveilleux (le terme qui qualifiait le fantastique à la Renaissance) avec le même bestiaire, animaux fabuleux, nymphes, esprits… Mais avec cette fois l’adjonction et la mise en avant du cadre, du lieu dans lequel se tient l’action. On décrit avec soin les cimetières, collines battues par le vent violent, vallées embrumées, châteaux, caveaux et ruelles sombres des métropoles grandissantes du milieu et de la fin du 19ème siècle. Le Roman Gothique c’est l'appel au folklore, à la mythologie pour créer une œuvre de fiction littéraire dans lequel les prétendues créatures du mal (qui sont souvent des êtres humains comme vous et moi) se liguent contre le ou les héros et les tourmentent dans d’incessants grincements de plancher et soupirs. En fait on peut tout a fait dire que les protagonistes effrayés par le plus petit grincement du plancher d’une vieille masure donnent à leur peur une réalité. Ce grincement devient rapidement le fait d’esprits, la peur gagne le héros de l’histoire qui ne fait que cristalliser ses angoisses sur les bruits incessants dans la bâtisse. Le roman gothique c’est aussi l’intervention de ces créatures malignes dans la trame même du récit, elles sont comme le héros dotées d’une volonté qui leur est propre, et sont capables de contrer les tentatives du héros qui visent à triompher d’elles, ce qu’on ne retrouvait pas dans le Merveilleux, les récits se terminaient toujours bien. Dans le roman gothique, le pessimisme est de rigueur, à aucun moment l’un des deux camps ne sait qui va gagner la partie et la conclusion est bien souvent très sombre. Dans le roman classique le héros arrivait à ses fins et le récit laissait supposer que sa vie allait être des meilleures à l’avenir. Le roman Gothique dérange le lecteur qui aimerait que tout se termine dans un « happy end » général.

On peut dire que le roman gothique fait son apparition avec Le Diable Amoureux de Jacques Cazzotte, tous les éléments y sont déjà. (Lire à ce sujet Les Maudits de Jacques Finné)
 
 

         2. Origines de la culture Gothique moderne.
 

    La culture gothique est actuellement plus que la somme de ses parties. Selon les personnes à qui vous demandez ce qu'est pour elles la Culture Gothique, la réponse est différente. Au final, vous obtenez un panel ahurissant de réponses contradictoires les unes envers les autres, dont la plupart sont des réponses valides. Ces réponses reflètent toutes des éléments d'une vaste sous culture. C’est bien plus qu’une étiquette. La culture gothique est à la fois un style de vie et une philosophie dont les racines sont fermement ancrées dans le passé et le présent.

    L’idée principale qui caractérise cette culture est une pulsion créative et un besoin d'expression compulsif qui cherchent à toucher son public par l'attrait de tout ce qui est sombre et effrayant. Cette démarche peut être à la fois subtile et séduisante ou tout aussi bien cauchemardesque. Elle joue sur les aspects cachés de la société sans admettre leur dualité.  Les médias de cette  libre expression, de cette libre création peuvent être n’importe lequel an passant par un code vestimentaire, l’écriture de nouvelles, ou la composition de musique. L’imagination et l’originalité ont toujours été des éléments clefs de la culture gothique.

    En tant que style de vie, la culture gothique est aussi diversifiée que ses adhérents. Il n’y a pas réellement de vrais stéréotypes ou de code vestimentaire. Tous les goths ne sont pas dépressifs, ne s’habillent pas en noir, n’écoutent la même musique ou utilisent les mêmes moyens d’expression. Cela tend à rendre la diversité gothique assez difficile définir et engendre une confusion sur ses origines, mais cette diversité est aussi l’une des réponses à sa définition. Vous me suivez ?

    Alors qui peut dire qu’il est gothique, si tous sont différents? C’est le cœur de cette contre culture. Comme je l’ai dit plus haut, vous avez vu que l’une des caractéristiques de la culture gothique est de le besoin de prendre la noirceur sous-jacente qui est en nous et de la ramener dans la lumière de telle façon que nous puissions l’identifier comme partie intégrale de nous mêmes pour le meilleur et pour le pire.

    Pour mieux comprendre ce qu’est la culture gothique, il est essentiel de savoir d’où elle vient. Elle existait avant qu’on l’appelle ainsi. C’est une sous culture qui est apparue, a prospéré et est morte seulement pour resurgir dans de nombreuses époques et dans de nombreuses sociétés. Ses adhérents ont toujours été la jeune intelligentsia, des gens frustrés et lassés par culture parentale. Une culture parentale qui à toujours été restrictive, hautement stratifiée en classes rigides, et intolérante avec les diverses pensées et écoles artistiques. A cause de cela, toutes les manifestations de cette contre culture ont été accueillies avec suspicion, hostilité et parfois agressivité de la part de cette culture parentale. Ce n’est que rarement que cette forme de sous culture fut accueillie comme il se doit et put croître, le seul exemple fut durant la Renaissance Italienne.

    La culture gothique, telle que nous la connaissons, apparaît en Europe de l’Est et en Amérique du Nord entre la fin des années 70 et le début des années 80. La contre culture était, et est toujours, dominée par une jeunesse insatisfaite venue de la classe moyenne, qui entrait à cette époque dans une nouvelle période de stabilité et de prospèrité. Les enfants des ces nouveaux riches, à la différence de leur parents, ressentirent un fort sentiment d’instabilité et de perte d’identité. Il n’étaient pas capables de concilier les nouvelles valeurs que la société essayait de leur inculquer avec leur perception d’eux mêmes en tant qu’individus. Le resserrement causé par la restructuration sociale les séparaient de leurs pairs des classes supérieures et inférieures, qui eux trouvaient leur place dans la société.

    Répondant à la confusion et la perte d’identité, une poignée des plus brillants et de la plus créative des progénitures de ces nouvelles familles prospères commencèrent à créer leur propre structure sociale. Il s’agissait d’une contre culture basée sur une synthèse d’éléments historiques, penchant lourdement sur les traditions dramatiques, les philosophies et les écoles de pensée telles celles qui étaient populaires dans l’Angleterre Byronnienne, l’Allemagne de la seconde guerre mondiale, et dans la génération Beat Américaine. Ils se surnommèrent eux-mêmes les Nouveaux Romantiques, puis rapidement adoptèrent le terme Gothique alors que la contre culture se répendait.

    Toujours plus que bipolaire par nature, à partir de 1981 alors que le mouvement atteignait son apogée, la culture gothique se divisa en deux factions distinctes, l’une Apollonienne et l’autre Dionysiaque. Chaque faction était une personnification des peurs mêlées et de la fascination que les gothiques ressentaient pour le côté obscur de l’héritage de leurs parents, l’élitisme et le faux sens de la morale supérieure. La différence reposait dans leurs façons d’exprimer leur sens de l’aliénation et de l’abandon.

    La faction la plus Apollonienne était principalement préoccupée par l’art et l’aspect philosophique de la culture gothique. Beaucoup étaient relativement non confrontatifs dans leurs moyens d’expression. Ils étaient dans la plupart des cas tous aussi obsédés par l’acte de création et d’appréciation de la littérature, de l’art et de la musique. Nombre d’entre eux tentèrent de légitimer leur sous culture aux yeux de la culture de leurs parents avec peu de succès. Parce qu’ils étaient considérés comme inoffensifs, même s’ils étaient des rêveurs morbides, ils étaient tolérés.

    La faction Dionysiaque embrassa la facette la plus hédoniste et parfois plus auto destructrice du mouvement. Leurs contributions à la culture gothique furent plus éphémères et moins faciles à définir en termes traditionnels de créativité, mais contenait toujours la hantise, l’esprit sombre de la contre culture. Quelques-uns des plus remarquables musiciens et penseurs gothiques appartinrent à cette faction. Etant plus confrontatifs dans leur expression personnelle, ils étaient considérés comme dangereux et indésirables par la culture parentale et ils le restent encore aujourd'hui.

    Le stéréotype moderne du gothique est une caricature tordue de la faction dionysienne qui capte la décadence et les tendances suicidaires de celle-ci, alors qu’elle passe à côté de son art subtil et de sa profondeur. Cette caricature ne tient pas compte de la totalité des gothiques, sans toute fois mentionner la totalité des gothiques comme un ensemble homogène.

    A partir de 1987, les deux factions du mouvement gothique ont quasi presque disparu, absorbées par la culture parentale. Leurs membres furent forcés d’accepter la conformité pour permettre leur survivance. Un pourcentage marginal de la communauté goth originelle fut capable de s’adapter à la vie d’adulte, demeurant essentiellement et visiblement eux-mêmes, tout en s’occupant toujours de conserver les revenus nécessaires pour faire face au prix grandissant du style de vie auquel ils furent accoutumés. A partir de ce moment, une nouvelle génération de jeunes insatisfaits avait déjà commencé à apparaître, basée sur ce qu’ils percevaient des gothiques dionysiens. Ils embrassèrent la noirceur et l’habillement malsain et eurent le sentiment que cette musique à part, arrogante, était écrite juste pour eux. Le style de vie type était aventureux et osait assez pour illuminer leurs imaginations déjà lassées.

    Les « Kindergothen » , avec relativement peu d'exception, étaient réunis par le rejet et le quasi désaccord  avec la culture de leurs parents et le reste de la communauté gothique. Les quelques gothiques originels qui essayèrent d’étreindre les nouveaux groupes rencontrèrent de la froideur et de la colère de la part des gothiques qui avaient déjà soit essayé de le faire et avaient été rejetés par les autres, soit entendu parler de ce rejet. Le schisme entre la vieille école et la nouvelle était élargi encore plus par les étiquettes de Poseur et de Faux Goth qui étaient brandis entre les factions.

    A dater des annés 90, l’art et la philosophie qui avaient conduits la culture gothique furent remplacés par une mentalité, des attitudes et un code vestimentaire. Les quelques gothiques de la vieille école restants et leurs protégés se réfugièrent dans l’underground, ils ne voulaient pas jouer un rôle dans la nouvelle émergence du mouvement gothique et refusaient d’avoir à faire avec ceux qu’ils considérèrent comme des prétentieux superficiels qui portaient plus d’attention aux médias et à l'image qu'ils véhiculaient des Gothiques. Ils virent les nouveaux gothiques comme un groupe de victimes de la mode qui n’avait rien à offrir d’autre qu’un code vestimentaire et une attitude négative. Les opinions des nouveaux gothiques concernant leurs ainés ne sont pas meilleurs.

 

    Ces dernières années, les deux écoles se sont emparées de l’Internet. Il est devenu à la fois une tribune pour la liberté d’expression personnelle et un champ de bataille entre eux. Assez bizarrement, l’avènement du libre accès au web à révélé dans la nouvelle école un courant de créativité et d’expression grandissants que la vieille école tient en haute estime. Les gothiques de la nouvelle école, ou les "Goffs" comme beaucoup d’entre eux ont commencé à s’appeler, sont devenus plus semblables aux originaux, ce que les différentes factions du schisme ne semblent vouloir admettre. Heureusement cette tendance continue de prospérer sur le web, apportant un sang nouveau et un regard neuf à la compréhension des gothiques sur les sombres courants de notre  société. Après tout, les plus belles fleurs ont toujours eu tendance à pousser dans la mauvaise terre, là où l’on ne les attendait pas...

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Catégorie : INTRO

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22/11/2008

Le mouvement gothique est apparu entre la fin des années 1970 et le début des années 1980 au Royaume-Uni et perdure de nos jours avec plus ou moins de vitalité, principalement en Europe mais également sous des formes légèrement différentes dans le monde entier.


 


Cette sous-culture issue des mouvements punk et new wave, s'inspirant du cinéma expressionniste allemand, du fantastique et du roman gothique, se caractérise notamment (sans s'y réduire cependant) par une esthétique sombre, macabre, parfois provocatrice. Cette dernière se traduit par un code vestimentaire (la mode gothique) essentiellement basé sur le noir et les couleurs sombres, souvent accessoirisé avec des clous ou des éléments considérés comme mystiques, et perçus selon les points de vue comme sexy, provocateur, effrayant ou excentrique.

Le mouvement gothique ne doit pas être confondu avec le Gothic revival, qui est un mouvement architectural « néogothique » du XIXe siècle, caractérisé par la restauration de monuments anciens (ex : Cathédrale Notre-Dame de Paris, fortifications de Carcassonne) ou par des constructions neuves modernes mais utilisant le répertoire formel des styles décoratif et architectural développés en Europe à la fin du Moyen Âge et au début de la Renaissance.


Historique



Racines punk (1978-1983)
Après l'explosion du mouvement punk en 1976 et 1977 sont apparus au Royaume-Uni une multitude de groupes de musique incontestablement influencés par ce mouvement mais mêlant des influences très diverses et poussant l'expérimentation musicale dans des directions nouvelles.

Ces groupes très disparates furent regroupés sous le vocable très flou de New Wave.

Au sein de cette mouvance, certains groupes adoptèrent un style, un look et des thèmes semblables qui, bien plus tard, seraient qualifiés de « gothiques » par leur noirceur et leur théâtralité.

Parmi ces groupes, on retrouve Bauhaus, Siouxsie & the Banshees, Joy Division, Uk Decay, Virgin Prunes, partageant un public qui, petit à petit, va adopter lui-même le style de ces groupes. En dehors de leurs origines punks, ces groupes partagent des influences venues du rock des années 1960 comme le Velvet Underground ou The Doors.

On ne parle pas encore de « gothique », bien que ce terme ait été ponctuellement employé par des journalistes pour qualifier la musique de Joy Division ou Siouxsie & the Banshees, mais de « positive punk » ou bien encore de « monochrome punk » pour qualifier le look qui, à l'époque, reprend les classiques punks comme le Mohawk (crête), mais exclusivement en noir et blanc (avec prédominance du noir).



En 1980 et 1981, une seconde vague de groupes commence à émerger, avec Danse Society, Play Dead, Southern Death Cult, The Sisters of Mercy et The Cure qui abandonnent le son new wave des débuts pour quelque chose de plus sombre.

Vers la même période apparait, en Californie, une scène Death Rock, pendant américain du rock gothique britannique, avec comme tête de file Christian Death.

L'ouverture en 1982 du club londonien le « Batcave » marque une nouvelle étape dans la visibilité du mouvement dans les médias et pour le public, et introduit une certaine dose de sensibilité Glam au mouvement.

Les termes « new wave », « batcave », « curiste » et « corbeaux » sont alors les termes les plus employés pour désigner les adeptes du mouvement.




Émergence en tant que mouvement
Après avoir été appliqué d'abord pour qualifier une musique, puis pour qualifier les groupes qui la pratiquaient, le terme « gothique » finit par être donné aux personnes suivant ces groupes et à la sous-culture qu'ils constituent.

À la fin de l'année 1983, la sous-culture gothique a son existence propre. Elle devient indépendante du punk dont elle pouvait être considérée comme un des multiples courants dans les années précédentes.



L'attribution du nom « gothique » à cette scène aura une influence considérable sur son évolution future. En effet, la population constituant les prémices du mouvement s'était agglomérée par affinité culturelle — principalement autour de groupes de musique donc. Dès lors que le mouvement sera appelé « goth », il va attirer tous ceux qui se reconnaissent dans ce vocable. N'ayant eu que peu, ou pas, de contacts préalables avec le mouvement à proprement parler, ces « nouveaux venus » ne partagent que peu de traits communs avec la scène gothique originale. Ce phénomène, encore amplifié par l'émergence du mouvement goth dans les médias et via Internet, aura pour conséquence un formidable enrichissement — allant parfois jusqu'à la dispersion — de ce qui sera considéré, souvent au grand dam des puristes, comme relevant de la culture gothique. [1]




Évolution
L'année 1985 marque un tournant de la scène gothique au Royaume-Uni, avec la séparation de plusieurs groupes majeurs, comme Bauhaus, UK Decay, Sex Gang Children ou Southern Death Cult, et l'arrivée sur le devant de la scène de groupes plus rock (là où les fondateurs étaient plus punk) tels que The Sisters of Mercy, The Mission UK ou Fields of the Nephilim.

D'autres groupes des premiers temps évoluent vers des directions plus pop ou new wave, comme Siouxsie & the Banshees et The Cure.



Émergent également à cette période des groupes produisant une musique lyrique et mélancolique, souvent inspirée de world music et de poésie romantique. Très influents sur la scène sans en faire réellement partie, les fers de lance de ce nouveau genre sont Dead Can Dance, This Mortal Coil ou Cocteau twins.


Le déclin
La deuxième moitié de la décennie 1980 vit un déclin du mouvement gothique au Royaume-Uni, certainement imputable à un manque de créativité des groupes restant en activité, malgré quelques sursauts ponctuels comme le remix de Temple Of Love des Sisters of Mercy avec la participation de Ofra Haza.




Le renouveau venu de l'Allemagne avec la musique darkwave (1990)
À la fin de la décennie 1980 et au début des années 1990, l'Allemagne qui, jusqu'ici, n'avait produit que peu de groupes d'importance (hormis entre autre X-Mal Deutschland, Malaria!), voit surgir une vague de nouveaux artistes (et leur public) qui sera cataloguée sous le vocable « dark wave », sans toutefois que celui-ci ne revête une identité artistique particulière.

En effet, dans ce mouvement, certains demeurent (tout d'abord) dans la droite ligne du rock gothique le plus orthodoxe comme Love Like Blood ou Garden of Delight alors que d'autres teintent leurs racines gothiques d'électro et de musique industrielle (Project Pitchfork, Deine Lakaien, Girls Under Glass).

Le groupe emblématique de ce véritable revival de la scène gothique : Das Ich, projet électronique puisant son inspiration dans la culture allemande, utilisant entre autres des références bibliques (Kain und Abel, Jericho) ou philosophiques (Die Propheten, Gottes Tod).




Le mouvement aujourd'hui

Gruftie (“Le Corbeau” en français / Gothique allemande)
Rapprochement avec les scènes électronique et industrielle
À la fin des années 1980, l'avènement de la techno ringardise tout mouvement ou référence apparentés au rock, les reléguant du devant de la scène à l'état de scènes alternatives, les disques deviennent plus difficiles à trouver, les concerts sont plus rares et les salles plus petites. Cette situation alimente un sentiment ambigu de la part du public souvent complètement réfractaire aux musiques électroniques, partagé entre la frustration d'avoir perdu un état de reconnaissance commerciale et le plaisir de l'appartenance à un nombre limité de connaisseurs.



Du fait de ce contexte musical et historique peu propice, ce rapprochement est surtout dû à la concordance des thématiques abordées, au-delà de la coloration musicale des groupes. Ce sont bien les thématiques abordées qui furent reconnues comme similaires et qui posèrent les bases du rapprochement avec ces deux scènes.



Néanmoins l’avènement de l’électronique de façon propre à l’esprit gothique à rapidement évolué. Probablement grâce à l’héritage culturel et musical de l’indus Punk révolu, par défiguration, des groupes allemands comme par exemple Diary of Dreams ont su renverser l’innocence figée du mouvement techno. Depuis la deuxième moitié de la décennie des années 2000, à en croire le nombre de soirées dédiées et le nombre de formations musicale, l’éléctro défigurative ou l'électro gothique est très appréciés de la nouvelle génération, dite aussi "Cyber" du mouvement gothique. A qui domptera le son le plus destructeur, et qui par le mouvement ou la dérision, le renverra comme un miroir contre lui même.




Rapprochement avec la scène metal
Alors que, depuis les origines, le mouvement gothique s'était construit - tout comme le mouvement punk et la scène post-punk en général - en opposition avec la scène rock institutionnalisée des années 1970, et donc de la scène heavy metal qui en fut l'héritière, on vit à partir du milieu des années 1990 des passerelles se former entre les musiques gothiques et metal.

À part quelques exceptions (comme Killing Joke), ces passerelles furent principalement le fait d'artistes metal, agrémentant leur musique d'éléments considérés (parfois à tort) comme gothique, ce qui donna naissance au gothic metal (Paradise Lost, Moonspell, Type O Negative). Ces éléments pouvant être autant musicaux, comme des chœurs féminins lyriques (Nightwish, Within Temptation) ou l'usage d'instruments anciens, que culturels, comme des références aux anciennes cultures païennes ou des thématiques liées au désespoir.

Le rapprochement avec les scènes électronique et industrielle, qui étaient moins réticentes envers le

 

 

métal et qui possèdent un genre dit cross-over (qui prendra le nom de metal indus par la suite), et dont le nom tient justement au fait que ce genre soit à cheval entre le metal et la musique industrielle, avec des groupes comme Nine Inch Nails ou Oomph!, est aussi un élément à prendre en compte. Mais le facteur le plus important tient avant tout à l'amalgame - volontaire ou non - fait par les médias entre la culture métal et la culture gothique, que ce soit pour parler d'artistes comme Marilyn Manson ou Rammstein, ou pour parler de faits divers comme la fusillade du lycée Columbine de Littleton aux États-Unis en avril 1999[2] ou la profanation du cimetière de Toulon en France en juin 1996[3].


Rapprochement avec la communauté rôliste La communauté rôliste, évoluant traditionnellement dans des univers heroic fantasy, investira massivement les thématiques sombres contemporaines à partir du début de années 1990 avec la parution du jeu Vampire : la Mascarade. Ce jeu fait évoluer ses héros dans un univers défini comme « gothic-punk » et la première édition des règles est émaillée de citations de groupes comme Killing Joke ou The Sisters of Mercy jetant un pont thématique, musical et même vestimentaire via la Camarilla, version grandeur nature de Vampire.


L'impact sur la société
Le mouvement gothique évolue généralement en marge de la société. Pour cette raison, il existe une multitude de sites communautaires gothiques sur internet.
Les stéréotypes du gothique sont parfois utilisés à des fins humoristiques par des gothiques eux-mêmes. Il existe ainsi des sites internet qui diffusent l'image d'un gothique ridicule, concentrant en lui tous les clichés du mouvement[4].


Controverse autour du gothisme

Gothique avec une tenue élaborée et un bijou en forme de crâneUn thème récurrent est celui du gothisme : un nombre croissant de voix se réclamant du mouvement gothique s'élève pour mettre en avant un ensemble de valeurs constituant un esprit gothique, ou une idéologie nommée gothisme. Ce néologisme serait une résultante possible de la médiatisation et l'émancipation du public à la fin des années 1990, début des années 2000 pour cette sous-culture. Il désigne, à ses dépends, une vision caricaturale du mouvement et dresse un portrait stéréotypé de ses sympathisants afin de satisfaire les interrogations populaires et médiatiques.

Cette tentative de construction d'un ensemble de valeurs ne fait toutefois pas l'unanimité et son avenir reste incertain. Elle est plus longuement discutée dans la page consacrée au jargon gothique.


Mouvement gothique et idéologique

Politique
Le mouvement dans son ensemble est apolitique, ce qui signifie qu'il n'existe pas d'idéologie "officielle" d'un mouvement qui ne s'est pas construit autour d'un positionnement politique. Cela signifie également qu'au niveau individuel, il est possible de rencontrer toutes les tendances politiques imaginables. Toutefois, étant donné le caractère hors-norme du mouvement gothique, les idéologies extrêmes se rencontrent plus fréquemment que dans d'autres populations (extrême droite et extrême gauche, anarchisme, mouvement autonome , mais aussi écologie, végétarisme / végétalisme, straight edge, christianismes intégristes (USA principalement), etc. ).

Deux grandes tendances peuvent être décelées : la récurrence de polémiques autour d'une supposée infiltration par l'extrême droite, ainsi qu'une tendance à la politisation à gauche d'une partie des acteurs du mouvement.


Polémique autour de l'extrême droite
Un certain nombre de quiproquos ont germé autour d'œuvres, de messages ou de revendications :
La chanson Killing an Arab, de The Cure, était en fait inspirée du roman L'Étranger d'Albert Camus
Siouxsie Sioux a porté successivement le brassard à croix gammée (à la mode punk) et l'Étoile de David (période Israël).
Un amalgame hâtif entre nazisme, satanisme et gothique est véhiculé par une frange des média en quête de sensationnel, ne témoignant que d'une profonde méconnaissance du sujet[5], par des ecclésiastiques procédant par raccourcis comme Benoît Domergue[6],[7] voire par certains auteurs comme Jean-Yves Camus[8], Jacky Cordonnier[9] ou Paul Ariès[10].
Certains artistes goths (ou assimilés), dans leur recherche de provocation, manipulent entre autres des symboles de l'extrême-droite, sans pour autant véhiculer un message politique d'extrême-droite (Marilyn Manson, Laibach, certains collages de Rozz Williams, notamment visibles dans son film Pig…)
L'équivoque existante sur une partie de la scène néofolk rejaillit sur le mouvement gothique, et de façon plus générale, la forte politisation de la scène industrielle.

Politisation à gauche
Les racines punk du mouvement favorisent une sensibilité à l'idéologie anarchiste
Certains groupes goths ou assimilés (Project Pitchfork, New Model Army, Skinny Puppy...) ont un discours engagé (écologistes, altermondialistes, anti-libéral, etc.)
Perméabilité avec la scène industrielle, qui est très politisée dans de multiples tendances (une partie de cette scène considère la politique comme un sujet musical de choix, voire la musique comme un objet politique à part entière)

Religion
Le mouvement gothique, dans son ensemble, ne saurait être assimilé au satanisme, bien que le détournement de certains symboles puisse favoriser l'amalgame. Néanmoins, certains gothiques se réclament du satanisme.

Le mouvement gothique, globalement, n'a de lien direct avec aucune religion en particulier. S'il n'est pas rare de rencontrer des gothiques se réclamant d'une confession religieuse, le côté « hors-norme » du milieu fait que cependant beaucoup ont une attitude critique vis-à-vis des religions établies, certains se disant agnostiques ou athées. Le détournement de symboles religieux et en particulier judéo-chrétiens (crucifix, soutane, étoile de David) dans le style vestimentaire est parfois expliqué comme étant une critique de ces religions.

On peut noter que certains gothiques (ou assimilés) se passionnent pour l'ésotérisme et/ou l'occultisme. Il est donc possible de rencontrer des individus ayant développé des croyances bien spécifiques, comme le paganisme ou la wicca. Aux USA il existe une forte communauté "gothique" protestante intégriste: le noir faisant référence autant à la mode gothique qu'à la culture puritaine

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